Information du : 29/01/2026

Cycle répertoire Kinuyo Tanaka

Le deuxième cycle de la saison répertoire 2025/2026 est consacré à Kinuyo Tanaka, actrice chez les plus grands cinéastes japonais (Naruse, Ozu, Mizoguchi...) avant de devenir cinéaste à son tour. En quatre films de janvier à fin avril dans 20 salles du réseau, nous vous invitons à découvrir un aperçu de ses deux facette...

Kinuyo Tanaka (1909-1977) fut l’une des plus grandes vedettes du cinéma japonais. Avec une carrière qui commence dans le cinéma muet et qui finit à la télévision, son parcours est un des plus impressionnants de l’âge d’or des studios. En 1953, elle décide de passer derrière la caméra, devenant ainsi la première femme cinéaste d’après-guerre. Ce cycle propose une traversée du cinéma japonais avec trois de ses rôles phares chez les géants du cinéma nippon (Ozu, Mizoguchi et Naruse) ainsi que l’une de ses plus belles réalisations, La Nuit des femmes.

LA MÈRE

Un film de Mikio Naruse
Avec Kinuyo Tanaka, Kiyoko Kagawa, Eiji Okada, Masao Mishima, Daisuke Kato, Chieko Nakakita
Japon / 1952 / 1h37

Masako Takahara tient une modeste blanchisserie en périphérie de Tokyo. La vie est dure, et les dégâts de la guerre se font encore sentir. Mais Toshiko, sa fille ainée, est pleine de gaité et d’espoir. Et les moments de joie ne manquent pas : on sort au parc, on va au ci- néma, on chante… Hélas, l’adversité est parfois très forte, et il est difficile de se nourrir ou de se soigner. Si la vie s’effondre peu à peu autour d’elle, Masako reste une mère de famille vaillante, toujours debout et souriante dans la tourmente.

" Chose rare à l’époque, La Mère fut le fruit d’un script écrit par une femme, Yoko Mizuki, à laquelle Naruse laissa une pleine liberté de création. Tandis que Kinuyo Tanaka incarne avec autant de fermeté que de pudeur cette mère centrale, Naruse scrute ses failles avec un art savant de l’esquive et de l’ellipse. Le maître japonais n’en étant pas à son galop d’essai – il a plus de soixante films au compteur lorsqu’il tourne La Mère -, il évite toute forme d’exubérance et surtout le pathos qu’il fuit comme la peste. Aux effusions de larmes, il choisit ainsi la discrétion, fondement même de la culture nippone, rendant hommage à la témérité des femmes. L’ensemble du film en est d’autant plus bouleversant : à l’image de cette séquence où la mère, dévastée d’un chagrin ne filtrant jamais face aux siens, s’autorise enfin, le visage caché par un linge et uniquement hors de la maison, à s’effondrer. Seule dans la nuit." Bande à part

LES SOEURS MUNAKATA

Un film de Yazujiro Ozu
Avec Kinuyo Tanaka, Hideko Takamine, Ken Uehara, Sanae Takasugi, Chishu Ryu
Japon / 1953 / 1h52

Setsuko et Mariko Munakata ont beau être soeurs, tout les oppose. L’extravertie Mariko profite de sa jeunesse et de sa liberté, tandis que Setsuko travaille d’arrache-pied pour entretenir son mari Mimura, un homme taciturne et alcoolique. En visite chez leur père, Mariko sympathise avec Hiroshi, un ancien prétendant de sa soeur, de retour au Japon après des années passées à l’étranger. La jeune femme est convaincue que Setsuko et Hiroshi éprouvent encore des sentiments l’un envers l’autre et va tout faire pour les rapprocher…

« « Hideko Takamine la star d’après-guerre face à Kinuyo Tanaka la star d’avant-guerre : voilà le programme. “Nous avons grandi dans des époques différentes”, se disent les soeurs Munakata. L’impétueuse Mariko s’habille à la mode du jour, fait des grimaces, tire la langue et chante à tue-tête – Yasujiro Ozu aurait tort de se priver avec Hideko Takamine. Les temples et les palais impériaux, ça la barbe, se plaint la jeune femme à son aînée. Est-elle pour autant plus avisée que sa grande soeur Setsuko ? Tokyo la nouvelle et Kyoto l’ancienne, avec entre les deux la ville de Kobe et Hiroshi son bel antiquaire : le film fait des allers-retours et Chishu Ryu confirme que “la guerre a changé beaucoup de choses”. Une nouvelle fois, Ozu parle du temps qui passe. Qu’a-t-on abandonné, qu’a-t-on accueilli ? Qu’a-t-on laissé filer, qu’a-t-on laissé entrer ? Pour le personnage joué par Kinuyo Tanaka, la modernité n’a qu’un temps. Comme tout le reste, elle passera, estime-t-elle. À la fin du film, Setsuko l’aînée montre à sa soeur cadette les montagnes de Kyoto, aux reflets mauves comme des prunes. Elles sont là depuis toujours, elles sont belles. S’il tourne un film loin de son périmètre de prédilection, Yasujiro Ozu n’en livre pas moins une oeuvre personnelle sur le télescopage de deux mondes. » Pascal-Alex Vincent

MATERNITÉ ÉTERNELLE

Un film de Kinuyo Tanaka
Avec Yumeji Tsukioka, Ryôji Hayama, Junkichi Orimoto
Japon / 1955 / 1h46

Hokkaido, dans le nord du Japon. Fumiko vit un mariage malheureux. Sa seule consolation sont ses deux enfants, qu’elle adore. Un club de poésie devient sa principale échappatoire, et lui permet de se rendre en ville. Elle y retrouve Taku Hori, le mari de son amie Kinuko qui, comme elle, écrit des poèmes. Elle ressent de plus en plus d’attirance pour lui. Mais Fumiko découvre qu’elle a un cancer du sein. Alors que ses poèmes sont publiés, elle doit subir une mastectomie. La jeune femme découvre alors la passion avec un journaliste qui vient la voir à l’hôpital.

" Lors de la première lecture de ce livre, j’ai eu un choc considérable. L’intuition féminine y est décrite sans fard, avec un dynamisme incroyable et dans une atmosphère très poétique. Je souhaiterais réaliser ce film en y mettant toute ma vie. " Kinuyo Tanaka

LA NUIT DES FEMMES

Un film de Kinuyo Tanaka
Japon / 1961 / 1h33
Avec Chisako Hara, Akemi Kita, Kyôko Kagawa, Chikage Awashima,

La jeune Kuniko est pensionnaire d’une maison de réhabilitation pour anciennes prostituées. Malgré la bienveillance de la directrice, la vie n’est pas facile, et comme toutes ses camarades, elle espère s’en sortir. On lui propose une place dans une épicerie, mais le mari de la patronne et les hommes du quartier sont trop concupiscents. Kuniko doit s’enfuir, et part travailler dans une manufacture. Devant la méchanceté des autres employées, elle quitte son emploi, pour intégrer une pépinière. La vie semble devenir plus douce, mais le passé de la jeune femme la rattrape.

" Si j’ai souhaité devenir réalisatrice, c’est parce que je voulais, depuis longtemps, que des femmes soient filmées par une femme, d’un point de vue qu’un homme ne comprendrait pas. " Kinuyo Tanaka

" La Nuit des femmes est sur le fond comme sur la forme un film annonciateur de la nouvelle vague japonaise tournant beaucoup autour de la jeunesse turbulente des années 60 avec à sa tête Nagisa Oshima. Comme c’était le cas pour Maternité éternelle, le film est composé de nombreuses et courtes séquences filmées dans multiples décors qui donnent à l’œuvre un rythme assez soutenu. La beauté formelle de l’ensemble, la qualité de la photographie en scope noir et blanc ainsi que de la musique, la modernité et l’audace du scénario, le tout aidé par une interprétation mémorable de la jeune Chisako Hara font de ce cinquième long métrage une superbe réussite au cours de laquelle Kinuyo Tanaka se venge en quelque sorte de tous les personnages semblables qu’elle a interprété tout au long de sa carrière et qui finissaient la plupart du temps très mal, en sauvant cette fois son héroïne et en terminant sur une note plutôt optimiste quoique nimbée d’amertume. " DVDClassik

CYCLE KINUYO TANAKA

DE JANVIER A AVRIL
dans 20 salles de Bretagne

  • Carhaix, Le Grand Bleu
    10 janvier

    Questembert, L’Iris
    11 et 13 jan

    Etel, Cinéma La Rivière
    12 jan

    Carantec, L'Etoile
    14 jan

    Moëlan sur Mer, Le Kerfany
    13 jan

    Plestin les grèves, Le Douron
    30 jan et 2 février

    Redon, Le Ciné Manivel
    3 mars

    Loudéac, Le Quai des images
    8 mars

    Guéméné sur Scorff, Ciné Roch
    12 mars

    Belle île en Mer, Le Petit bal perdu
    à dater

    Callac, Cinéma Argoat
    à dater

    Huelgoat, Arthus Ciné
    à dater

    Groix, Cinéma des Familles
    à dater

    Quimperlé, La Bobine
    à dater

    Saint Brieuc, Le Club 6
    à dater

    Saint Malo, Le Vauban
    à dater

    Saint Renan, Le Bretagne
    à dater
  • Guéméné sur Scorff, Ciné Roch
    15 janvier

    Carhaix, Le Grand Bleu
    7 février

    Etel, Cinéma La Rivière
    9 fév

    Moëlan sur Mer, Le Kerfany
    10 fév

    Questembert, L’Iris
    22 et 24 fev

    Loudéac, Le Quai des images
    8 mars

    Plestin les grèves, Le Douron
    6 et 9 mars

    Redon, Le Ciné Manivel
    10 mars

    Belle île en Mer, Le Petit bal perdu
    à dater

    Callac, Cinéma Argoat
    à dater

    Gourin, Le Jeanne d’Arc
    à dater

    Huelgoat, Arthus Ciné
    à dater

    Groix, Cinéma des Familles
    à dater

    Le Faouet, cinéma Ellé
    à dater

    Quimperlé, La Bobine
    à dater

    Saint Brieuc, Le Club 6
    à dater

    Saint Malo, Le Vauban
    à dater

    Saint Renan, Le Bretagne
    à dater
  • Plestin les grèves, Le Douron
    16 et 19 jan

    Guéméné sur Scorff, Ciné Roch
    12 fév

    Carhaix, Le Grand Bleu
    7 mars

    Loudéac, Le Quai des images
    8 mars

    Etel, Cinéma La Rivière
    9 mars

    Moëlan sur Mer, Le Kerfany
    10 mars

    Belle île en Mer, Le Petit bal perdu
    à dater

    Callac, Cinéma Argoat
    à dater

    Gourin, Le Jeanne d’Arc
    à dater

    Huelgoat, Arthus Ciné
    à dater

    Saint Malo, Le Vauban
    à dater
  • Carantec, l’Etoile
    18 février

    Loudéac, Le Quai des images
    8 mars

    Redon, Le Ciné Manivel
    24 mars

    Plestin les grèves, Le Douron
    27 et 30 mars

    Carhaix, Le Grand Bleu
    4 avril

    Etel, Cinéma La Rivière
    6 avr

    Guéméné sur Scorff, Ciné Roch
    9 avril

    Moëlan sur Mer, Le Kerfany
    14 avr

    Questembert, L’Iris
    26 et 28 avr

    Belle île en Mer, Le Petit bal perdu
    à dater

    Callac, Cinéma Argoat
    à dater

    Huelgoat, Arthus Ciné
    à dater

    Groix, Cinéma des Familles
    à dater

    Le Faouet, cinéma Ellé
    à dater

    Quimperlé, La Bobine
    à dater

    Saint Brieuc, Le Club 6
    à dater

    Saint Malo, Le Vauban
    à dater

    Saint Renan, Le Bretagne
    à dater

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